Ce fut le cœur lourd, plein d’appréhension que je me suis rendue hier pour 14h15 à mon RDV d’écho morpho.
Seule, je passe la porte du Cabinet, seule car le papa a appris quelques jours avant le jour J qu’il ne pouvait pas m’accompagner.
En effet, il est retenu en otage à son boulot où il enchaîne 10 heures par jour les réparations d’énormes 4x4 JEEP… Il rentre creuvé le soir… Son copain s’est pété un orteil et il se retrouve seul à l’atelier, en plein boom de l’été…
Bref, après 20 min de retard, c’est mon tour. 1h15 d’exploration de ce petit corps de quelques centimètre et le verdict tombe : il n’y aurait pas de fente. Ce n’est que du conditionnel, la fente palatine étant très difficile à être détectée par cette science qui n’est pas parfaite (rien vu du tout pour Johan) mais là, elle a passé du temps à regarder déglutir, et je suis certaine que s’il y en avait une, elle serait plus minime que celle de Johan : ses voies nasales communiquaient avec la bouche : là, on voit bien la séparation des deux car on le voit bien déglutir… Ouf. Grand soulagement, même si rien ne sera certain avant la naissance.
Avant les dernières vérifications (y a-t-il 5 mains 2 doigts ou son contraire…) elle me demande si j’ai des question. Non, j’en ai aucune, du moment qu’elle me dit que tout est parfait. Intriguée, sa question ne tarde pas « vous ne voulez pas savoir le sexe ». NON !!!
Je fais une fixette, je veux savoir, mais je pense que je veux encore plus la surprise (ahh ces femmes enceintes…) Mon chéri, tout le monde sauf ma mère et moi veulent savoir… Non, non et non, qu’elle arrète avec ses questions, je m’étais dit, je ne veux pas savoir.
Mais, quand même, pour dissiper mes doutes sur « est-ce un hermaphrodite » je lui demande « vous avez vu, vous, le sexe » « oui, on est obligé de contrôler » me lance-t-elle avec un sourire qui veut en dire long.
Pourquoi elle, elle sait ? Est-elle au moins consciente que cette information vaut de l’or au sein de ma famille et que beaucoup paieraient pour qu’elle leurs délivre son lourd secret ?
Les minutes passent, soudain « et il s’appelera comment ce bébé ? » « Théa si c’est une fille, pour un garçon on ne sait pas… » « De toutes façons, vous avez encore le temps de trouver… »
Oh non, ai-je bien entendu ? Est-elle rentrée dans mon jeu et veut me laisser dans le doute complet, me donner aucune piste, ou s’est-elle trahie ? Et c’est un nouveau garçon ???????
Je peux juste la supplier, pour qu’elle me le dise, l’appeler au téléphone, à l’instant ou je vous écrie. Mais une force surhumaine me retient… Je résiste à la tentation.
Pourquoi je ne veux pas savoir ? Pour le piquant de la situation, parce que ce détail me donnera encore plus envie au moment voulu, de pousser…
Quand je suis rentrée, que j’ai montré au grand frère les clichés, mes préoccupations ne l’ont pas intéressé, il a regardé avec moi, a rigolé (eh oui, dès qu’on dit bébé ou qu’un bébé pleure, Johan rigole, ça promet)….
Merci à celles qui ont eu le courage de lire jusqu’au bout…